Jusqu'au bout du chemin ...

Publié le par berlang

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Photo Serge Montens                                                        bernard langlade
 
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"Tout peut basculer si vite dans une vie ...
  Si vite que le passé s'efface comme dans un rêve."
  Christophe Gans

 
Fin de vie  

Hiver 2011/2012 ...
Alors que les premiers froids de ce début d'hiver se font enfin sentir, Jean Dujardin, sourire black & white et noeud'pap de rigueur, laisse éclater sa joie d’avoir reçu l’inespéré Oscar du meilleur acteur.
Emu de cette consécration et
dans la langue de Molière, il gratifiera l'auditoire festivalier d'une élégante formule de politesse,  bafouillée dans un style très personnel et citation, devenue ...
... « Ouah, putain, génial, merci beaucoup ! ».

Invité des plateaux TV, "Loulou" y promènera son sourire ahuri et facétieux de nominé ; Une récompense qu'il devra à  sa  remarquée participation au casting du film  «The Artist ». 

Au cours de ce même mois de
février et loin du tumulte des fastes hollywoodiens,  je retrouvais Françoise et son ami à l'occasion d’un concert du trio "Didier Lockwood-Richard Galliano-Stochelo Rosenberg ".
C'est au hasard de passions sportives et culturelles partagées, mais également à des destinées familiales assez proches -son frère Maurice ayant la même particularité que mon frère Jacques- que je dois sans doute d'avoir rencontré Françoise.

De ces affinités progressivement découvertes, naîtront des sentiments mêlés ... sympathie, complicité ... empathie.

Renouveau printanier ...
Une attirance commune pour l'environnement montagnard, nous avait réunis en compagnie d'autres personnes pour passer le cap de la nouvelle année.  Dans ce refuge perdu du Parc Naturel du Néouvielle, cette dernière nuit de l'année achevée s'était idéalement passée dans l'allégresse et l'insouciance des festivités, des projets plein la tête ...
L'avenir nous appartenait ...

C'est ce que je croyais en quittant Françoise, à la fin de cette première journée de l'an nouveau.

L'après-concert ...
Nous nous étions séparés en cette fin de soirée hivernale, comme se quittent des personnes qui jouissent du plaisir simple d'avoir partagé  moment d'amitié et soirée musicale réussie.
A l'issue du spectacle je m’éclipserai discrètement, laissant les deux amants profiter de doux moments d'intime et charnel abandon ; Inoubliables instants,  riches en promesses de douceurs et  d'espérances ... jusqu'au bout de la nuit.
Nous nous étions séparés sur les dernières notes d’une mélancolique "Ballade irlandaise ", émouvante composition interprétée par un Didier Lockwood et un Richard Galliano, particulièrement inspirés ; Une douloureuse mélodie que j’écouterai une fois encore en écrivant ces mêmes lignes.

Comment rêver l’avenir ?
Comment ne pas adhérer au propos du père du  « Petit Prince »,  lorsqu’il affirme …
« L'avenir n'est jamais que du présent à mettre en ordre. Tu n'as pas à le prévoir, mais à le permettre. »
Un conseil, une ligne de conduite et de vie dont je n'imaginais pas alors, tous les prolongements possibles …
Saint-Ex ! S'il te plait, dessine-moi un avenir heureux …

Les choses de la vie ...
A cette heure avancée de la nuit et alors que nous nous séparions sur ce parking déserté et battu par un vent glacial, ... j'ignorais encore que je ne reverrai jamais plus Françoise.
Petit Prince, peux-tu arrêter le temps et en redessiner le cours ?

Plusieurs mois après cette soirée musicale, plusieurs semaines après avoir laissé des messages restés sans réponse, j’apprendrai brutalement que Françoise avait vécue une déchirante rupture  amoureuse ; Une rupture dont Françoise ne se remettra jamais et qui avait sans doute réveillé en elle, de vieilles et profondes blessures ...
J'apprendrai aussi que par une fraîche matinée de printemps et sans rien dire à ses proches, Françoise montera dans sa voiture pour tenter de renouer ce qui avait été dénoué.
Après une dernière nuit passée dans un hôtel inconnu, éphémère asile trouvé sur le bord d'un long chemin plein d'espérances, après avoir passé un ultime appel à celui qui fût  l'homme de sa vie, Françoise rejoindra son véhicule et errera sans but ; Une âme en peine, déambulant dans un état second.

Une insidieuse fatalité  l'amenera ensuite à proximité d'un pont, fierté du génie technologique de son époque ...

Souffle vital ...
Françoise vit désormais un moment d'une
extrême et intense solitude. Enfermée dans son insupportable douleur, elle en oubliera peut-être l'existence de tous ceux qui lui sont si chers, ses deux garçons et son "petit frère " Maurice, tout particulièrement ...
En ces instants d'ultime détresse, tout peut encore basculer dans un sens ou dans un autre, vers la vie ou le néant ...
... Un cri en suspension ...

Une insoutenable et insidieuse obsession a irrémédiablement envahi l'esprit déchiré de cette femme au caractère bien trempé, de cette âme meurtrie et déterminée, de ce coeur qui bat si fort ...
Tout ce qui pouvait la rattacher à la vie s'est effacé devant le néant ...

Tout peut basculer si vite dans une vie, ... si vite que le passé s'efface comme dans un rêve.
 
Françoise a désormais atteint le bout de son chemin,
sa vie a basculé ...
Le cri s'est libéré ...


Françoise n'est plus de ce monde aujourd'hui, car elle a mis fin à sa vie ...
Le jour de ses obsèques, cette belle fleur aurait dû fêter ses cinquante quatre printemps.

"Ma vie durant, je me suis accroché à l’idéal de la connaissance mais je me trompais. Nous nous trompions tous. Ce n’est pas de connaissance que nous avons besoin, pas du tout. Les individus ont besoin d’apprendre, mais la société a besoin d’autre chose, de la vibration de la lumière sur la mer, de l’instinct qui pousse à nous nicher les uns contre les autres, pour nous tenir au chaud. Nous avons besoin d’empathie, nous avons besoin d’yeux qui sachent pleurer."
Lydia Millet

 
Ma vie durant, je me suis accroché à l’idéal de la connaissance mais je me trompais. Nous nous trompions tous. Ce n’est pas de connaissance que nous avons besoin, pas du tout. Les individus ont besoin d’apprendre, mais la société a besoin d’autre chose, de la vibration de la lumière sur la mer, de l’instinct qui pousse à nous nicher les uns contre les autres, pour nous tenir au chaud. Nous avons besoin d’empathie, nous avons besoin d’yeux qui sachent pleurer.

 A Françoise,
A ses deux fils, à son frère Maurice et à Magalie, aux proches de Françoise,
A tou(te)s celles et ceux qui ne l'ont pas oubliée ...
 

 

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Garo 16/08/2012 11:42

Bonjour,

Je suis tout simplement bouleversée en lisant cet hommage.

Tout peut basculer si vite dans une vie ... Oui !

Garo