Pic de Lustou, Pics de Batoua, Cauarere & Niscoude ______ Voyages en Vallée d'Aure

Publié le par berlang

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  bernard langlade                                                                    Le Pic de Lustou

 
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Souvenirs de la Vallée d'Aure ...
 Trois années ... et une longue et délicate arête rocheuse, l'Arête de Guerreys, séparent la visite de ces deux sommets pyrénéens ; Destinations sportives et emblématiques de cette belle vallée ; Une vallée sauvage et encore de nos jours, largement préservée.
Un domaine naturel remarquable, dont les hauteurs sont encore parfois oubliées des circuits du tourisme montagnard.

Un environnement montagnard dans lequel, l'éphémère visiteur saura se souvenir qu'en des temps lointains, le bipède qu'il est devenu fût un jour ... un obscur et insignifiant quadrumane.

Rioumajou ...
Un site naturel localisé sur deux communes du département des Hautes-Pyrénées, Saint-Lary Soulan et Tramesaygues.
Un site qui fût retenu comme site Natura 2000  ... et
9500 ha dédiés à la préservation des richesses écologiques.
Un milieu naturel reconnu et protégé, recelant des espèces animales et végétales remarquables, rares parfois.






Le Pic de Lustou ...
Caractéristiques :
Dénivelée : 1642
Altitude : 3023
Départ :
Parking de la vallée de Rioumajou (1381)

Itinéraire aller/retour

Avec ses 3023 mètres d'altitude, ce sommet pyrénéen figure dans «Le guide des 3000», patiemment  réalisé par Luis Alejo.
Pyrénées, guide des 3000 mètres, de luis Alejo, 503 pages.
Sua Edizioak
 

Ce sommet y est classé parmi les « 3000 principaux », et à la 133ème place (selon l’altitude) sur les 212 sommets atteignant cette côte symbolique, dans la chaîne pyrénéenne.

Liste des 3000 Pyrénéens

Le scénario est désormais bien réglé. Nous nous retrouvons tous sur notre parking préféré, à 6 heures pétantes.
L’appel de la forêt et des curiosités qui la hantent, ainsi que la perspective de réaliser une belle course en montagne, ont motivée la demi-douzaine de randonneurs, présents ce jour là.
Le brouillard épais enveloppant la ville rose aurait pu justifier quelques hésitations ; Aucune désaffection ne sera à déplorer.

Au terme d’une paire d’heures de trajet, et après avoir traversés villages et hameaux encore endormis, nous laisserons nos véhicules sur le parking (1380 mètres) de la vallée du Rioumajou.

Cet endroit, distant de 12 kilomètres de Saint-Lary, est limitrophe de la zone de campement. Après avoir quittée la piste forestière, -où notre attention sera un instant accaparée par de belles fleurs aux couleurs chatoyantes ... et à l’arôme persistant-, nous suivrons le tracé du cours d’eau.

Il constituera un moment notre fil conducteur, le franchissant à l’occasion pour remonter cette belle vallée ; Un profond sillon étroit et en partie ombragé. La belle journée d’automne qui s’annonce, d’un automne qui a tous les apparats d’un été que l’ont dit « indien », nous promet chaleur et cieux azur.

Abandonnant le fond de vallée, nous gagnerons progressivement de l’altitude, atteignant en peu de temps, une belle cabane pastorale.

Cette cabane, judicieusement aménagée - équipée d’un évier, de deux pièces et d’une cheminée -, permet aux bergers y passant leurs estives ainsi qu’aux randonneurs de passage, de profiter d’un point de vue de choix et d’un abri relativement confortable.
A noter aussi à proximité, la présence d’une source d’eau potable. Elle est située légèrement en aval de la cabane.

Une frugale collation avalée, nous poursuivrons notre chemin sur un versant encore ombragé en profitant de la fraîcheur qu’il nous accorde.
Direction le col ...
A l’approche du «col de Lustou » (2649), l’astre solaire apparaît à nos yeux, nimbant un instant nos silhouettes auréolées de la lumière du matin.
Faut t-il y voir le présage d’un avenir radieux ?
« Le Pyrénéisme, avenir radieux de l’humanité ... » aurait pu écrire Alexandre Z ..., sans la moindre ironie.


L’itinéraire se poursuit en direction du pierrier. Il nous permettra d’atteindre en peu de temps, les bases de la muraille conduisant à l’arête sommitale.
Le ciel est résolument bleu, aucune présence de nuages n’est à déplorer.

Dans le silence ambiant, nous percevons au loin le léger chuchotement des tumultes de la rivière s’écoulant en fond de vallée. Pas le moindre randonneur à l’horizon ...
Nous n’en verrons d’ailleurs qu’un seul, nous rejoignant un peu plus tard et bien discrètement, au sommet.

La partie terminale de l’ascension passe par la progression sur une arête rocheuse.
Sur cette « crête de Lustou », (F+), il faut parfois poser les mains sur une roche « décomposée » - selon l’expression employée par Luis alejo -, et sur des passages parfois «aériens ».

Nous arriverons au sommet au terme de plus de 4 heures de marche, - le départ fût un peu laborieux -.
La température est étonnement douce pour la saison, en dépit des quelques résidus de neige subsistant au sommet et sur certaines des cimes environnantes ...

Une douceur à peine affectée par une légère brise d’altitude.

Le point de vue est tout simplement sublime, typique de l’univers de la haute montagne.
Avec ses sommets hérissés vers l’azur, ses pentes escarpées et rocheuses, ses vallées profondes et ses perspectives vertigineuses, et, ...  le plus important ...
... Ce sentiment d’éternité et d’apaisement qu’il procure à celui qui le contemple.
Mais la beauté perçue n’est t-elle pas, au moins en partie, le reflet de celle qui est au fond de chacun d’entre nous ... ?

Nous pouvons désormais apercevoir, tout au loin, un lac d’un bleu profond. Face à nous, «le Batoua »*,  un sommet tout proche que je visiterai un jour ...
* Remarque : Au tout début de cette vidéo du pic de Batoua, le sommet que nous aperçevons au bout de la longue crète (avec un névé en aval), est le pic de Lustou.
Plus loin,  ... «le schräder » (grand bachimala) ainsi qu’une multitude de sommets élevés,  s’offrent à nos regards envieux, ... à perte de vue.
le pic schräder  ou  Grand Batchimala, constitue l’un des monuments dans l’histoire du Pyrénéisme.


Mince !!! ... j’ai oublié mes jumelles ...

À l’heure convenue, l'un d'entre nous établit le contact radio avec Didier ; Comme il fût convenu, nous l’informerons de notre arrivée au sommet, ... et que tout va bien.
Nous ne sommes pas pressés de redescendre, le point de vue et une météo complice nous incitent à prendre un peu de bon temps. Certains parmi nous songent même à une petite sieste ...
Notre farniente suscitera la curiosité d’un rapace du cru, qui, à tire d’ailes, nous gratifiera d’un passage de courtoisie.
Lusses-tu cru ?


Les provisions de bouche englouties, avec délices, nous nous engagerons une fois encore sur le fil de l’arête. Nous y retrouverons ce même sentiment indicible ... l’étrange sensation d’être suspendus entre ciel et terre.
Ce fil conducteur nous ramènera, après avoir dévalés éboulis et alpages, à la cabane où nous attend patiemment Didier.

Didier, le compagnon qui attendait patiemment notre retour, avait choisit cette belle journée automnale pour reprendre la la pratique de la randonnée. Tous ensembles, nous rafraîchirons nos gosiers assoiffés avec une bonne bouteille de vin courageusement - un kilo de plus, ce n’est pas négligeable -, emportée par Didier ; Excellent breuvage  accompagné d’un excellent chocolat noir, non moins courageusement amené par Marie-Hélène, la seule dame du groupe.
Miam Miam, glou glou !!!

Et déjà fleurissent dans l’esprit de certains participants, de séduisants projets (de randos) à thèmes. Des projets qui auraient pu faire l’objet d’émissions tv en vogue, tel que ... « Je fais mon premier 3000, je vous y invite à boire une bonne bouteille, ... je picole, ... et c’est mon choix ». L’assemblée se rallie dans un unanime consentement, à cette évocation de programmes à venir.

N’ayant pas de temps à perdre, devant descendre près de 1650 mètres de dénivelée et n'ayant pas intégralement satisfaite notre légitime curiosité sur les beautés de la flore et de la faune indigènes, -Nous avons repérés de superbes papillons aux ailes bleutées, ... et des orchidées aux senteurs forestières inconnues-, c’est à un rythme soutenu que nous rejoindrons le fond de vallée.

Ce samedi s’achèvera à Saint Lary, dans un confortable estaminet ; S'y côtoient, autochtones en goguette et citadins de passages. Un impressionnant danois, à la mâchoire carrée et à la mine impériale (Whaaouw !!!), de passage sur ces hautes terres pyrénéennes, n’hésitera pas à venir nous saluer sous l’œil complice de sa délicate maîtresse.

Remarques :
• Dans des conditions « normales » telles que celles que nous avons connues, par grand beau temps, cette randonnée ne présente pas pour la plupart des randonneurs entraînés, de difficulté insurmontable.
• Un bémol pour la partie finale de l’itinéraire : le passage sur la crête sommitale.
Classée F+, par Luis Alejo, il s’agit de la progression dans un environnement parfois aérien et à l’occasion, instable.

Cette course est donc à déconseiller aux personnes souffrant de vertige. Luis Alejo emploie la formule de « roches décomposées »,  pour définir la nature de cette arête. Le plus élémentaire bon sens impose donc de tester la stabilité des roches sur lesquelles on pose mains et pieds.
Pour faire court, ... Une arête à ne pas mettre entre toutes les mains.

Même sommet, mais avec un peu de neige.

Le coin des grimpeurs ...
Les dessous du Lustou




Les Pics de Batoua et de Niscoude ...
Info préliminaire
: Le secteur étant dépourvu de points d'eau, il est vivement recommandé d'amener (en saison chaude particulièrement) une bonne quantité d'eau (idéalement 3 Litres).
Trois années sont passées, depuis ma dernière visite de la Vallée du Rioumajou.
C'est en compagnie d'un autre groupe de randonneurs entousiastes, que je découvrirais l'un des sommets voisins du pic de Lustou, ... les Pics de Batoua et les sommets les jouxtant.

L'itinéraire...
Après une nuit passée à proximité de l'Hospice de Rioumajou (1560), nous prendrons, dès les premières lueurs du jour, la direction du Port d'Ourdissétou.
Le chemin est suffisamment bien balisé pour nous permettre d'atteindre ce  col (2290)
sans problème.

Arrivé à ce col, nous couperons et descendrons le vallon pour récupérer un sentier très peu usité, de nos jours.
Il nous amènera sans trop de difficultés, vers la crête. Plus en amont, la crête atteinte, nous atteindrons le  Port de Plan (2527).
A partir de cet instant, une magnifique vue nous attend, dans un environnement "lunaire".
Nous continuerons vers la gauche en direction du Batoua, dont les contours se dessinent progressivement.
Pour joindre le pic de Batoua, nous devrons préalablement gravir sur cette longue crête reliant une suite de sommets, le pic de Cauarère (2901). Une longue crête qui au-delà du pic de Niscoude, se prolonge par l'aérienne et délicate arête de Guerreys, conduisant au pic de Lustou.
Déroulé de ces deux arêtes conduisant au pic de Lustou. Mes remerciements à Peio pour m'en avoir autorisé l'usage.
 Arrêt sur Image
Plus en amont, nous atteindrons enfin le pic de Batoua. En fait, il conviendrait d'utiliser le pluriel, pour ce singulier sommet largement méconnu.
Il existe en fait plusieurs pics de Batoua (ou Picos de Culfreda pour nos voisins espagnols) :
 Il est constitué de trois sommets individualisés : Sommet Ouest (3034),  sommet central (3020), sommet Est (3032).  
Cette crête, parfois accidentée, nécessite sur certains passages de "mettre les mains" (passage II inf max).

Le Batoua (Ouest) est atteint au terme de 5h00 d'effort.
Nous pousserons notre curiosité jusqu'au dernier pic "accessible", ... le pic de Niscoude (2963).
Au-delà, nous aperçevons en contrebas, la longue arête de Guerreys qui s'étire langoureusement jusqu'au pic de Lustou.
Peut-être qu'un jour, tant qu'il me restera suffisamment d'énergie, pourrais-je assurer la jonction de ces deux sommets par cette arête au rocher instable et fuyant.

Le chemin du retour passe par le même chemin ... une interminable succession de remontées et redescentes (qui accroît le dénivelé global)  de cette longue série de sommets que nous venons de fouler ...
Descente du niscoude, succession des pics de batoua, le pic de cauarère ...

Plus tard, plus bas, nous atteindrons enfin le Port de Cauarére (2526).
Pur la suite de l'itinéraire, une longue descente dans le ravin du même nom,  nous  permettra de rejoindre nos véhicules à la fin d'une journée bien remplie.




Itinéraires en images en deux vidéos : Pic de Lustou et pics de Batoua ...





Accès et infos diverses ...

Depuis Saint-Lary-Soulan (65), prendre la D929 jusqu’à Tramezaïgues.

Prendre ensuite la D19 en direction de Frédancon et hospice de Rioumajou.

Se Garer au parking coté 1381m sur la carte, avant que la route se transforme en piste forestière.


Topo Pic de Lustou
Prendre la piste forestière orientée sud-est en direction des Granges de Frédancon.
A la hauteur du ruisseau de Piarre, prendre un large sentier orienté nord-est, qui longe le ruisseau rive gauche par la sapinière de Thou.
Vers 1800 mètres, le sentier s’oriente EST et conduit à une cabane au point coté 1944 mètres.
Suivre un sentier (plus ou moins bien marqué) jusqu’à un pierrier (2460 mètres).
Un balisage caïrné mène sur la crête, au sud-est du col de Lustou.
Suivre la crête orientée sud-est (parfois aérienne ... à ne pas mettre entre toute les mains !!!) jusqu’au Pic de Lustou 3023 mètres.
Le retour se fait par le même chemin.


Carte
:
  IGN TOP25 1748ET Néouvielle et vallée d’Aure 

La Terre vue du ciel ...
Un petit tour daéroplane  ?

Point de vue d'un camarade montagnard,
sur ces mêmes sommets 

Un amoureux des Pyrénées


 

A lire attentivement ...  
Les itinéraires que je décris sur ce blog découlent d’observations et perceptions qui me sont personnelles.
Ces informations généreusement partagées, ne dispensent pas le lecteur des compétences requises (cartographique, météo …) l'autorisant à progresser sous sa seule responsabilité dans un univers potentiellement périlleux. J’encourage vivement le lecteur à se plonger également, dans la lecture des cartes & topos-guides. Elles et Ils sont rédigé(e)s par des professionnels de la randonnée ou de la cartographie. La maîtrise de ces précieux outils est donc incontournable à  la préparation sérieuse d’une sortie en milieu naturel.
Les rédacteurs des Topos & itinéraires publiés sur ce blog ne peuvent en aucun cas être tenus pour personnellement responsables,  d’inexactitudes, omissions ou erreurs dans leurs descriptifs.
Ils déclinent toute responsabilité en cas d’accident survenus lors de sorties suggérés sur ce blog.


 

Crédit 
Textes, photos et  diaporama 
 Bernard Langlade 
 
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plombier pas cher paris 26/01/2015 18:54

J'apprécie votre blog , je me permet donc de poser un lien vers le mien .. n'hésitez pas à le visiter.
Cordialement

bernard 20/06/2012 16:48

Un jour peut-être...
J'y songe aussi, mais vu la longueur de l'itinéraire,
... Sur 2 jours.
Le passage de cette arête, qu'un collègue alpi avait traversée en solo, sur un rocher "pourri", doit être encore plus délicat avec un gros sac (matériel de bivouac).
Autre solution, amener des bons copains (bons porteurs)qui ne feraient que l'aller-retour jusqu'aux Bataoua, en ramenant notre barda de bivouac.
;-)

lagrole 16/06/2012 17:10

Salut Bernard,
Très beaux reportages sur ces 2 sommets emblématiques de la vallée d'Aure.
En ce qui concerne le Batoua, vous avez été fort courageux pour pousser jusqu'au Niscoude. Je me suis contenté des 3 sommets du Batoua ou Culfreda.
Comme toi pourtant, j'aimerai un jour avoir assez d'énergie et de motivation pour enchaîner la crête jusqu'au Lustou.
Un jour peut-être...
@+
Peio